Dans le domaine militaire et tactique, les systèmes de portage ont connu de multiples évolutions, depuis les vénérables sacs ALICE de l’armée américaine jusqu’aux systèmes plus récents tels que le MMPS ou le FMPS de Berghaus. Aujourd’hui, la marque Eberlestock s’impose comme l’un des acteurs les plus innovants, en particulier avec son EMOD (Eberlestock Modular System). Ce système modulaire entend révolutionner la manière de composer et d’assembler son sac, afin de s’adapter à des missions variées et à des besoins spécifiques. Dans cet article, nous découvrirons en détail ce qui rend l’EMOD si novateur, tout en le comparant aux systèmes préexistants.
Brève rétrospective : de l’ALICE au MMPS
Le système ALICE (All-Purpose Lightweight Individual Carrying Equipment)
Développé par l’armée américaine dans les années 1970, l’ALICE a longtemps constitué la référence du portage. Son cadre métallique, ses poches externes et sa simplicité d’usage ont servi d’inspiration à de nombreux autres sacs. Toutefois, l’ALICE montrait certaines limites : manque de confort sur de longues distances, modularité limitée (des poches mais pas de configuration adaptative avancée), et un portage parfois peu ergonomique.
Berghaus MMPS / FMPS
La gamme MMPS (Multi Mission Pack System) et FMPS (Fully Modular Pack System) de Berghaus représente une étape supplémentaire dans la modularité. Ces systèmes permettent de zipper ou d’attacher différents modules (poches latérales, compartiments supplémentaires, etc.) afin d’adapter le volume au type de mission. On peut assembler un sac de base (45-60 L) avec des poches latérales amovibles, qui se transforment parfois elles-mêmes en daypack autonome. Les FMPS reprennent une approche similaire, en allant vers des configurations plus lourdes ou plus spécialisées (missions de plusieurs jours, transport de matériel spécifique). Comparées à l’ALICE, les solutions Berghaus offrent déjà un gain notable en confort, en soutien dorsal et en modularité. Néanmoins, elles restent centrées sur une logique “un sac de base + des expansions”, sans aller aussi loin qu’Eberlestock dans la recomposition complète.
EMOD : une nouvelle philosophie de la modularité
Le Eberlestock Modular System (EMOD) se différencie par une approche encore plus poussée de l’assemblage de composants. Plutôt qu’un seul sac auquel on ajoute des poches, Eberlestock propose une série d’éléments (châssis, sac principal, “fanny pack” ou harnais, scabbard pour armes longues, etc.) qui s’emboîtent ou se dissocient selon la mission. Ainsi, l’utilisateur peut créer une configuration ultralégère pour une sortie d’une journée, ou un ensemble massif et stable pour une expédition de plusieurs jours.
Les éléments clés de l’EMOD
- Le cadre / châssis : Au cœur du système EMOD, on trouve généralement un châssis (comme le “F1 Mainframe”) qui sert de base de portage. Léger mais très robuste, il intègre un harnais réglable et un support lombaire conçu pour porter des charges lourdes.
- Le sac principal : Plusieurs modèles existent (ex. : Vapor, Transformer, ou d’autres versions) qui se zippent ou s’attachent directement sur ce châssis. On choisit la capacité (30, 40, 50 L…) et le style en fonction de la mission.
- Les extensions et accessoires : Eberlestock propose des solutions pour transporter des armes longues (scabbards), des poches latérales ou frontales, un fanny pack qui peut se greffer sur le châssis ou être utilisé séparément. Chaque pièce est dotée de points d’attache parfaitement étudiés.
- La compatibilité interne : Les compartiments peuvent s’ouvrir de différentes manières, accueillant par exemple un kit médical, un réservoir d’hydratation, ou encore des modules de rangement interne.
Avantages de cette configuration
- Adaptation fine aux besoins : On part d’un squelette (le châssis F1, par exemple) et on sélectionne un “torse” de sac (ex. : Vapor 5000 pour une capacité élevée, Vapor 2500 pour un usage plus léger). On peut ajouter à la volée un scabbard pour fusil, ou retirer une poche latérale devenue inutile.
- Confort et distribution de charge : La réputation d’Eberlestock en matière d’ergonomie n’est plus à faire. Le châssis EMOD est pensé pour répartir le poids sur les hanches et le bas du dos, ce qui soulage considérablement les épaules. On obtient un portage stable, même avec une charge imposante.
- Polyvalence extrême : Un seul kit EMOD peut servir de sac d’assaut léger un jour, puis de sac de plusieurs dizaines de litres le lendemain, simplement en changeant les pièces modulaires. L’utilisateur n’a donc pas besoin de multiplier les sacs.
- Qualité des matériaux : Fidèle à l’ADN Eberlestock, la gamme EMOD mise sur des tissus haute résistance (souvent du Cordura® ou du nylon ripstop) et des fermetures éclair robustes. Tout est conçu pour durer.
Comparaison avec d’autres systèmes modulaires
Systèmes inspirés par MOLLE
Sur de nombreux sacs tactiques, la modularité passe par le MOLLE (pals webbing) : on ajoute des poches externes au sac, qu’on déplace ou qu’on retire selon les besoins. C’est efficace, mais le sac de base lui-même reste inchangé. EMOD, lui, va plus loin, car le “corps principal” du sac peut être changé. On ne se contente pas d’accrocher des poches sur la même plateforme, on transforme littéralement la configuration.
Les solutions modulaires de Mystery Ranch ou Tasmanian Tiger
Des marques comme Mystery Ranch ou Tasmanian Tiger proposent aussi des systèmes de modularité avancée, avec des zips latéraux permettant d’ajouter des panneaux ou des poches, ou des cadres amovibles. Toutefois, elles ne proposent pas la même séparation claire entre un châssis principal et divers sacs de volume variable. Eberlestock EMOD se présente comme un “LEGO grandeur nature” pour sacs : on y assemble un puzzle complet, ultra-flexible.
Comparaison directe avec Berghaus MMPS / FMPS
Le MMPS / FMPS de Berghaus est déjà très abouti : on peut zipper ou clipser des poches latérales, créer un daypack en reliant ces poches, et choisir différentes contenances (Cyclops II, Crusader, etc.). Toutefois, le sac de base reste un ensemble cohérent, auquel on ajoute ou retire des modules. Chez Eberlestock, le châssis seul peut être utilisé comme support de portage “ouvert” . On n’est pas obligé de garder la structure d’un sac complet. On pourrait ensuite rajouter un scabbard pour fusil, puis zippé par-dessus un sac 60L. Cette approche fractionnée donne une liberté encore supérieure.
Un système « révolutionnaire » pour quels usages ?
- Forces spéciales et missions longues : La possibilité d’adapter le volume selon la progression (un volume minimal lors d’une infiltration, puis l’ajout de matériel pour l’exfiltration) séduit les unités ayant des scénarios très évolutifs.
- Tireurs de précision : Eberlestock s’est initialement fait connaître pour l’attention portée aux besoins des tireurs de précision. Le scabbard intégré (ou externe) facilite le transport d’une arme longue, en toute stabilité et avec un excellent équilibre. Le EMOD est ainsi un prolongement naturel de cette spécialisation.
- Sacs d’assaut ou config SC Medic : Grâce aux différents modules (sacs compacts, poches latérales, etc.), l’EMOD peut aussi se transformer en sac à dos plus classique pour une mission courte ou un usage médical (SC Medic), tout en conservant la robustesse et la modularité propres à Eberlestock.
Un système sans limites
Outre son caractère innovant, l’EMOD présente un avantage financier non négligeable : plutôt que d’acheter plusieurs sacs pour différentes missions, il suffit de posséder un châssis et quelques modules adaptés. On assemble ou retire des accessoires (scabbard, extensions, poches) selon les besoins, sans avoir à multiplier les équipements. Ce fonctionnement modulaire couvre un éventail considérable de scénarios tactiques, qu’il s’agisse d’un déploiement léger ou d’une opération nécessitant un portage massif.
La modularité poussée se traduit également par la possibilité de passer rapidement d’une configuration à une autre : on démonte un grand sac pour ne garder que l’essentiel, ou on ajoute en quelques instants un scabbard pour arme longue. À terme, l’utilisateur bénéficie d’un portage sur mesure pour chaque situation, sans avoir à gérer plusieurs sacs distincts. Résultat : un gain de temps, de place et d’argent, tout en simplifiant la logistique opérationnelle.
Outre son caractère innovant, l’EMOD présente un avantage financier non négligeable : plutôt que d’acheter plusieurs sacs pour différentes missions, il suffit de posséder un châssis et quelques modules adaptés. On assemble ou retire des accessoires (scabbard, extensions, poches) selon les besoins, sans avoir à multiplier les équipements. Ce fonctionnement modulaire couvre un éventail considérable de scénarios tactiques, qu’il s’agisse d’un déploiement léger ou d’une opération nécessitant un portage massif.
La modularité poussée se traduit également par la possibilité de passer rapidement d’une configuration à une autre : on démonte un grand sac pour ne garder que l’essentiel, ou on ajoute en quelques instants un scabbard pour arme longue. À terme, l’utilisateur bénéficie d’un portage sur mesure pour chaque situation, sans avoir à gérer plusieurs sacs distincts. Résultat : un gain de temps, de place et d’argent, tout en simplifiant la logistique opérationnelle.
Conclusion
De l’ALICE minimaliste mais peu ergonomique au MMPS / FMPS plus avancé de Berghaus, l’histoire du portage tactique a été jalonnée de systèmes innovants. Aujourd’hui, la gamme EMOD d’Eberlestock redéfinit la modularité en proposant un assemblage de modules complètement interchangeables autour d’un châssis central. Ce cadre solide et ergonomique peut accueillir divers sacs, scabbards et accessoires, répondant ainsi à une large palette de missions, depuis l’infiltration légère jusqu’au transport d’équipements lourds et volumineux.
Si la complexité initiale et le coût sont à considérer, la flexibilité et la durabilité du système EMOD en font un véritable investissement sur le long terme. Les opérateurs qui souhaitent un portage sur mesure pour des missions en constante évolution trouveront dans l’EMOD de quoi révolutionner leur manière de s’équiper et de s’organiser sur le terrain.