Dossier autodefense Article 5 sur 7
Shocker électrique : comment il fonctionne, comment le choisir
Shocker ou taser, le piège des volts, les microcoulombs, la durée de contact, les précautions : tout comprendre avant de choisir un shocker.
Écouter l'article
L'essentiel
Un shocker est un appareil qui délivre une décharge électrique au contact. Il provoque une douleur intense et une désorientation, qui doivent vous laisser le temps de vous dégager et de fuir.
Trois choses à savoir avant d'en choisir un. Ce n'est pas un taser. Les millions de volts affichés sur les boîtes ne veulent rien dire. Et il ne fonctionne qu'au contact, maintenu quelques secondes.
Shocker ou taser : deux appareils différents
Le mot « taser » est une marque, et il désigne un appareil précis : un pistolet qui tire deux dards reliés par des fils, à plusieurs mètres de distance. En France, il relève de la catégorie B et il est réservé en pratique aux forces de l'ordre.
Le shocker, lui, n'envoie rien à distance. Ses électrodes sont fixées à l'appareil, et il faut le poser sur la personne pour qu'il agisse. C'est un appareil de catégorie D, en vente libre pour les majeurs.
Les effets ne sont pas les mêmes non plus. Un taser à distance peut bloquer les muscles de tout le corps. Un shocker agit surtout par la douleur, autour du point de contact, avec une désorientation et une perturbation musculaire momentanées. C'est efficace, à condition de le savoir et de ne pas en attendre plus.
Le piège des volts
Les boîtes affichent souvent des chiffres spectaculaires : un million, dix millions de volts. Le fabricant Sabre le dit sans détour : ces chiffres sont trompeurs, et parfois physiquement impossibles.
La raison est simple. La tension annoncée est mesurée à vide, dans l'air, entre les deux électrodes. Dès que l'appareil touche une personne, elle chute fortement. Elle ne dit donc rien de ce qui est réellement transmis.
Le chiffre qui compte est la charge électrique délivrée, mesurée en microcoulombs, notés µC. C'est elle qui détermine la douleur ressentie.
Le National Institute of Justice, l'organisme de recherche du ministère américain de la Justice, donne deux repères : à 0,5 µC, la décharge est douloureuse ; à partir de 1 µC, elle devient intolérable.
| Charge | Effet |
|---|---|
| Moins de 0,5 µC | Effet limité |
| 0,5 µC | Douleur |
| 1 µC et plus | Douleur intolérable |
Les fabricants sérieux affichent les microcoulombs. Si une fiche ne donne que des volts, c'est déjà une information.
Comment s'en servir
Le shocker ne fonctionne qu'au contact direct avec la personne. Il ne suffit pas de l'effleurer : Sabre recommande de maintenir le contact de trois à cinq secondes pour obtenir l'effet maximal.
Son efficacité dépend aussi de plusieurs facteurs : l'épaisseur des vêtements, la corpulence de la personne, et votre propre préparation. Un manteau épais réduit l'effet.
Une fois le contact rompu, l'effet cesse rapidement. Ces quelques secondes servent à une chose : se dégager, s'éloigner, rejoindre un lieu sûr et appeler le 17 ou le 112.
L'arc électrique, un effet dissuasif
Quand on actionne un shocker sans le poser sur quelqu'un, un arc électrique apparaît entre les électrodes, avec un crépitement très sonore. Sabre le note dans ses notices : ce bruit seul peut suffire à faire reculer un agresseur.
C'est souvent la première utilité d'un shocker. Mais ce n'est qu'une dissuasion : s'il faut aller plus loin, seul le contact agit.
Bien le choisir
La charge en microcoulombs d'abord. Au-dessus de 1 µC, vous êtes dans la zone de douleur intolérable décrite par le National Institute of Justice.
La sécurité ensuite. Un bon shocker a un interrupteur de sécurité qui empêche le déclenchement accidentel dans une poche ou un sac.
La protection contre l'arrachement. Certains modèles ont des électrodes latérales, ou une barre anti-saisie, qui délivrent aussi une décharge si l'agresseur tente de saisir l'appareil.
Le format. Du stylo discret au modèle en forme de lampe, avec ou sans étui de ceinture. Beaucoup intègrent une lampe LED : c'est un vrai plus, car elle permet d'éblouir et d'y voir clair avant d'avoir à s'en servir.
La recharge. La plupart des modèles récents se rechargent par USB-C, ce qui évite d'avoir à surveiller des piles.
L'entretenir
Un shocker ne sert que s'il est chargé. Rechargez-le régulièrement, même si vous ne vous en êtes pas servi : une batterie se décharge seule avec le temps.
Vérifiez de temps en temps qu'il fonctionne, par un très bref déclenchement à vide, en suivant les indications de la notice de votre modèle.
Rangez-le au sec, interrupteur de sécurité enclenché, hors de portée des enfants.
Les précautions
Ne vous servez jamais d'un shocker après avoir pulvérisé une bombe lacrymogène : certains aérosols contiennent un solvant inflammable, et l'arc électrique peut l'enflammer. Le National Institute of Justice a documenté ce risque.
Pour la même raison, ne l'utilisez jamais à proximité d'un carburant ou d'un gaz.
N'utilisez pas un shocker sous la pluie battante ou dans l'eau, et lisez les contre-indications de la notice de votre modèle, notamment pour les personnes porteuses d'un stimulateur cardiaque.
Ce que dit la loi
Le shocker de contact est une arme de catégorie D : achat libre pour les majeurs, détention libre à domicile, port et transport soumis à un motif légitime. Le pistolet à impulsion électrique à distance, lui, relève de la catégorie B. Le détail est dans notre page sur le cadre légal.
Ce qu'on voit passer
La question qu'on nous pose le plus est celle du shocker « le plus puissant », jugé au nombre de volts sur la boîte.
Notre réponse est toujours la même : regardez les microcoulombs, pas les volts. Un appareil à 1,5 µC sera plus efficace qu'un appareil qui affiche dix millions de volts sans dire combien il délivre.
Et gardez en tête que le shocker est un outil de contact : pour beaucoup de gens, il complète une bombe lacrymogène plutôt qu'il ne la remplace.
Ce que dit le Pro-Score
Un shocker est un appareil électronique, avec une batterie et un interrupteur. Le Pro-Score dit à quel rythme d'usage il est construit pour tenir.
Les points de rupture sont la batterie, qui perd de la capacité avec le temps, et l'interrupteur de sécurité. Ce sont les deux postes à regarder en premier.
Les erreurs fréquentes
- Confondre shocker et taser, et attendre un effet à distance.
- Choisir un appareil sur ses volts plutôt que sur ses microcoulombs.
- Effleurer au lieu de maintenir le contact.
- Oublier de le recharger.
- L'utiliser après une bombe lacrymogène, ou près d'un carburant.
Questions fréquentes
Quelle différence entre un shocker et un taser ?
Le taser tire des dards à distance et relève de la catégorie B, réservée en pratique aux forces de l'ordre. Le shocker agit au contact et relève de la catégorie D, en vente libre pour les majeurs.
Comment mesurer la puissance d'un shocker ?
En microcoulombs, pas en volts. À partir de 1 µC, la décharge est considérée comme intolérable.
Combien de temps faut-il maintenir le contact ?
Sabre recommande de trois à cinq secondes pour un effet maximal.
Le bruit de l'arc suffit-il ?
Il peut suffire à faire reculer un agresseur, mais seul le contact agit vraiment.
Peut-on l'utiliser avec une bombe lacrymogène ?
Pas l'un après l'autre sur la même personne : certains aérosols sont inflammables, et l'arc électrique peut les enflammer.
Sur quoi nous nous appuyons
- Sabre, la puissance d'un shocker expliquée — la tension mesurée à vide, les microcoulombs comme vraie mesure, les seuils du National Institute of Justice
- Sabre, les shockers fonctionnent-ils vraiment ? — l'action au contact, et l'influence de la corpulence, des vêtements et de la préparation
- Sabre, notice d'un shocker avec lampe — maintenir le contact de trois à cinq secondes
- National Institute of Justice, l'OC comme alternative de force — le risque d'inflammation du solvant de certains aérosols
- Légifrance, article R311-2 du Code de la sécurité intérieure — le shocker de contact en catégorie D, le pistolet à impulsion électrique à distance en catégorie B
Le matériel dont il est question
L'équipe Welkit
Équipementier tactique français depuis 1989. Nos conseillers ont le matériel en main tous les jours.
Vous pouvez nous corriger
Une erreur, un oubli, un retour de terrain ?
Nous écrivons ces guides avec les fiches techniques sous les yeux et les retours de nos clients. Nous sommes humains : il nous arrive de nous tromper, ou de passer à côté de quelque chose.
Si vous repérez une erreur, s'il manque un point qui compte, ou si vous voulez simplement nous raconter ce que ça donne sur le terrain, écrivez-nous. On lit tout et on corrige.
